Longtemps perçu comme une formalité, le diagnostic de performance énergétique (DPE) s’est imposé, avec sa réforme de 2021 puis son renforcement par la loi Climat et résilience, comme un critère déterminant pour estimer et vendre un bien immobilier. Pour les propriétaires d’appartements anciens et d’immeubles patrimoniaux, il est donc essentiel de comprendre comment améliorer son DPE, sans dénaturer le patrimoine architectural. Voici les leviers à connaître.
Améliorer son DPE : un levier qui change la donne au moment de vendre un bien de prestige
Un mauvais DPE n’est pas seulement un désagrément : c’est un frein réel à la vente. Les acquéreurs, de mieux en mieux informés, intègrent la performance énergétique dans leur arbitrage financier, au même titre que la localisation ou l’état général du bien. Cette évolution des usages a un effet mesurable sur l’impact du DPE sur le marché immobilier, particulièrement sensible sur les segments premium où les acheteurs négocient désormais le prix en fonction du montant estimé des travaux à prévoir.
L’enjeu est d’autant plus pressant que la réforme du DPE en 2021 a rendu ce diagnostic plus lisible et plus pertinent, tout en imposant plus de contraintes aux propriétaires : le DPE est devenu opposable et, pour les bailleurs, cette réforme a ouvert la voie à l’interdiction progressive de la location des passoires thermiques. Autant de raisons de chercher à améliorer son DPE avant tout projet de vente ou de mise en location.
Comprendre les informations de l’étiquette énergie du DPE avant d’agir
Avant d’engager des travaux d’amélioration des performances énergétiques, il convient d’identifier précisément les problèmes actuels du bien et les axes de rénovation. À ce titre, le DPE combine plusieurs critères techniques : la qualité de l’isolation (murs, toiture, menuiseries), la performance du système de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire, ainsi que l’efficacité de la ventilation.
À noter que dans les biens anciens, l’isolation thermique reste très souvent le facteur le plus pénalisant, en raison de matériaux d’origine peu performants au regard des standards actuels – surtout pour les bâtiments qui ont été édifiés avant la première réglementation thermique de 1974.
Un diagnostiqueur certifié (ou un architecte qualifié, un bureau d’études, un professionnel RGE habilité…) est en mesure d’établir un audit énergétique détaillé, poste par poste, qui hiérarchise les interventions selon leur impact réel sur l’étiquette énergie. Une étape qui évite d’engager des travaux coûteux mais peu efficaces au regard du gain de classe recherché. Sur ce point, il est utile de se référer à la réglementation du DPE en vigueur pour comprendre précisément les seuils de consommation associés à chaque lettre, de A à G.
Les trois leviers pour améliorer son DPE
L’isolation thermique, en priorité
Dans un logement ancien, la toiture, les murs et les menuiseries concentrent l’essentiel des déperditions énergétiques. C’est donc par ces postes qu’il convient de commencer, quitte à procéder par étapes pour préserver les éléments architecturaux d’origine : moulures, parquets et façades classées. Une isolation par l’intérieur bien conçue permet souvent de conjuguer performance énergétique et respect du cachet du bien immobilier, en contrepartie d’une perte minime de surface.
Un système de chauffage cohérent avec le bâti
Une fois l’isolation traitée, le remplacement du système de chauffage vétuste devient pertinent. Les solutions à énergie renouvelable (pompe à chaleur ou chauffage au bois) sont aujourd’hui parmi les plus valorisées dans le calcul du DPE, sous réserve de compatibilité avec les contraintes de copropriété ou d’urbanisme propres aux immeubles de caractère.
La ventilation, un poste d’optimisation souvent négligé
Dernier maillon de la chaîne d’amélioration du DPE, la ventilation conditionne pourtant le confort et la pérennité des travaux précédents. Une VMC performante limite l’humidité et les déperditions associées, tout en améliorant la qualité de l’air intérieur. Un argument de poids pour une clientèle exigeante quant au confort de vie.
Quel budget prévoir et pour quel gain de classe au DPE ?
Le coût d’une rénovation énergétique globale varie sensiblement selon la surface et l’état initial du bien, avec des montants qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une rénovation complète. Il n’est cependant pas toujours nécessaire de viser une rénovation intégrale : sur certains biens, une intervention ciblée, comme le remplacement des menuiseries ou le changement des équipements de chauffage, peut suffire à faire franchir un seuil de classe et à produire un effet mesurable sur l’estimation du bien.
Ajoutons que des aides existent : plusieurs dispositifs (MaPrimeRénov’, éco-prêt à taux zéro, TVA à taux réduit) viennent alléger la facture, sous conditions d’éligibilité.
Une fois les travaux réalisés, un nouveau diagnostic doit idéalement être établi pour officialiser le classement obtenu. Les frais de réalisation viennent s’ajouter au coût des diagnostics immobiliers à réaliser pour vendre ou louer le bien.
Attention : même si vous ne changez rien aux performances énergétiques du bien, vous devez tenir compte de la durée de validité du DPE, fixée à dix ans, avant une mise en vente ou un projet locatif.
Améliorer son DPE : des résultats qui se lisent dans l’annonce de vente
Au-delà de la valorisation patrimoniale, un DPE amélioré se traduit concrètement au moment de la commercialisation du bien. La mention du DPE dans une annonce immobilière, obligatoire, constitue en effet un signal immédiat pour l’acquéreur, capable d’orienter sa décision avant même d’organiser une visite. Pour des biens d’exception, là où chaque détail compte, cette donnée s’ajoute désormais aux autres critères d’appréciation comme l’architecture, la localisation et les prestations.
Améliorer son DPE nécessite toutefois une bonne connaissance des spécificités du bâti ancien. Si vous envisagez de vendre, n’hésitez pas à demander conseil auprès de nos agences pour bien préparer votre projet.