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Claude Lelouch, Paris-Deauville

Des lieux de vie et de rencontres

Partageant sa vie domestique entre son domicile parisien et son manoir normand, ce monstre sacré du 7e art nous transporte de la Ville Lumière aux planches de Deauville. Action !

Paris, la plus belle ville du monde

« Au lieu de partir aux quatre coins du monde, nous avons tourné mon dernier film dans tout Paris. Sur la Seine et à Montmartre, le quartier où je réside… Je suis né à Paris dans le 9e arrondissement et j’ai grandi dans le 10e, boulevard de Strasbourg. Je suis un vrai parisien !
Ma mère étant normande, très vite elle nous a emmenés, mon père et moi, passer les vacances et les week-ends à Villers-sur-Mer : “ La plage pour les enfants”, disait la publicité de l’époque. C’était le retour aux sources. Deauville était toute proche mais trop chère ! J’ai découvert cette petite station familiale, j’y ai appris à marcher, et je suis tombé amoureux de la Normandie. Mes premières amitiés et mes premières amours se sont nouées entre Paris et la côte normande. »

Deauville, l’évidence

« Mon bureau est à Paris, la Normandie est ma pharmacie ! Je vais me dépolluer dans le bocage normand toutes les semaines. Sans lassitude aucune, sans jamais saturer. Je fais le trajet Paris-Deauville en voiture depuis un peu plus de quatre-vingts ans et dans toutes les conditions. Avant l’autoroute, après l’autoroute, et toujours un magnétophone à la main. L’envie reste la même : j’ai besoin de bouger pour créer. Mon gros problème ? L’amour… J’aime tout ! Le chaud, le froid, la mer, la campagne, la montagne, la vie, les gens, voilà la base de toutes mes réalisations. »

« La Normandie est un magnifique studio de cinéma. »

Des lieux de rencontres

« Ma passion ? Construire des maisons pour réaliser des films. Le chalet coup de coeur à Praz-sur-Arly près de Megève, (ndlr : à flanc d’alpage, trois bâtisses et un corps de ferme, métamorphosés en une splendide demeure de 700 m2 avec piscine intérieure, le tout sur 13 hectares) est devenu le lieu de tournage de mon film Salaud, on t’aime. J’aime transformer, annexer, faire des travaux, décorer les lieux qui m’inspirent. Et y résider !
Paris et Deauville restent des décors de constructions extraordinaires. Mais il y a Beaune aussi, où j’ai fondé un petit Hollywood (L’infrastructure des Ateliers du Cinéma fait 1 350 m2), une pépinière des talents de demain. Un lieu de rencontres d’auteurs-réalisateurs-producteurs, une fabrique de cinéma ouverte à tous. J’ai fait le tour du monde, et malgré les propositions extraordinaires aux États-Unis, je reste très français. Il n’y a pas plus beau que la France ! Avec ses contradictions et ses diversités. »

L’immobilier, la pierre

« J’adore l’immobilier ! J’ai la passion de la pierre, une valeur sûre. C’est le meilleur des placements. Les périodes que nous vivons renforcent le besoin d’offrir un abri à nos enfants, un bien de transmission. Pour moi, l’immobilier représente aussi l’achat utile aux décors de mes films. Au lieu de construire et détruire, je fais pour de vrai. Ainsi, on peut s’amuser, profiter, s’en servir et revendre ensuite. Quoi qu’il arrive, l’immobilier prend 10 % par an, et coûte 5 % à entretenir, donc le bénéfice est réel. »

Le cultissime Club 13 à Paris, au coeur du 8e arrondissement.

Le patrimoine

« Après le succès d’Un homme et une femme en 1966, j’ai investi avenue Hoche à Paris. Je souhaitais un lieu qui serait une maison de cinéma. (ndlr : le cultissime Club 13 décline 1 000 m2 dans un immeuble purement haussmannien au coeur du 8e.) Mon but ? Accueillir le cinéma mondial et avoir ma propre salle de projection. Et mon bureau ! Proche du parc Monceau pour me balader, face aux petits bistrots pour prendre mon café tôt le matin et à deux pas du Royal Monceau, j’aime les bars des palaces. Montmartre ? J’adore ! Loin de l’agitation du centre de Paris, c’est un village décontracté où tout le monde se prend pour un artiste. (ndlr : sur la butte, Claude Lelouch possède une villa longère avec jardin et studios en duplex.) Je ne suis pas un homme de vacances, d’où l’importance des lieux choisis. Mes manoirs dans le pays d’Auge, je les ai créés, décorés, transformés de résidences en hôtels. (ndlr : à Tourgéville, Le Domaine de l’Orgueil de Claude Lelouch propose deux propriétés indépendantes à la location.)
Quant à mon manoir d’Auberville, entre Honfleur et Cabourg, il est mon refuge. Enfant, j’escaladais les falaises des Vaches Noires qui me fascinaient et je passais devant un petit manoir. Il y a près de cinquante ans, j’ai acheté cette demeure et c’est là où j’ai vécu le confinement. »

Le Domaine de l’Orgueil à Tourgéville, créé et décoré par Claude Lelouch.

L’amour, l’amitié

« Mon cinéma a souvent rendu hommage aux femmes et aux copains, l’amitié est la roue de secours de l’amour. Nous sommes dans un monde où le négatif l’emporte, moi je m’accroche au positif. Tout le mal que l’on se donne dans la vie, c’est pour aimer ou être aimé. L’amour est au coeur de tout ! La personne que l’on aime le plus est soi-même. Quand on est amoureux, on bascule de l’égoïsme à la générosité, capable d’aimer quelqu’un d’autre au-delà de soi, c’est un moment délicieux. Et une drogue ! On passe d’une histoire à une autre à condition qu’elle soit plus forte, il en faut toujours un peu plus. Les femmes que j’ai rencontrées m’ont fait grandir : ”Le plus important est de trouver sa veuve“, disait Sacha Guitry. Je l’ai trouvée avec Valérie Perrin, ma compagne actuelle depuis plus de 15 ans. (Claude Lelouch s’est marié trois fois, avec Évelyne Bouix, Marie-Sophie L. et Alessandra Martines, et il est l’heureux père de sept enfants.)

Propos recueillis par Monique Delanoue

Claude Lelouch et sa compagne, écrivaine, Valérie Perrin.
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