Le luxe en toute simplicité

Richard Orlinski – Pop artiste

Pop artiste

Il se hisse à la tête des artistes français les plus vendus dans le monde.Et sa cote ne cesse de s’envoler !Crocodile en résine, panthère dentelle, kong noir,rose, bleu, ses sculptures animales ont fait sa fortune et ornent les jardins des stars.De Sharon Stone à Pharrell Williams.Rencontre avec une personnalité hors normes qui a révolutionné l’art en cassant les codes.

Sculpture, design, musique écriture…Artiste protéiforme aux talents multiples. Prodigieux homme d’affaires ! Tout passionne l’architecte devenu sculpteur qui se frotte à tous les genres. Alors qu’il vient de créer une collection en argent et métal pour Christofle, et la toute dernière montre Hublot, il appose sa griffe chez The Kooples, travaille sur un album, prépare un gigantesque spectacle itinérant pour 2018 et planche sur un gros projet d’architecture : des villas Orlinski sur une île des Caraïbes…Mais qu’est-ce qui fait courir Richard Orlinski, ce créateur d’animaux géants qui tutoie les stars et joue les DJ au Louvre lors de la victoire d’Emmanuel Macron ? Envie de réparer une enfance cabossée, certainement. Parce qu’il se révèle dans une autobiographie en forme de leçon de vie, on le découvre pétri d’audace, de courage et d’empathie. Et d’un savant mélange d’intelligence, de résilience, d’ambition et de simplicité. « Il n’y a pas une minute de ma vie d’artiste durant laquelle je n’ai cessé de remettre en question les dogmes qu’on voulait m’imposer. Avancer, c’est bousculer, accepter d’avoir peur en ne ressemblant à personne. »

Born WildAvec ses panthères, ses loups, ses crocodiles et ses gorilles, l’artiste français a séduit la planète. Dans son atelier parisien, il nous reçoit entre deux avions. Look de rocker et sourire charmeur. Revenu de Los Angeles et ne cessant d’exposer à travers le monde, il s’envolera demain pour Dubaï, Abu Dhabi, Miami ou Singapour… Célèbre pour ses créations aux couleurs vives et aux formes animales réalisées dans des matériaux contemporains comme la résine, le marbre, l’inox ou l’aluminium, force est de constater que ses œuvres se vendent à prix fort (des millions d’euros pour certaines), et que sa réussite fulgurante fait bien des envieux ! Un juste retour des choses pour ce travailleur acharné, sculpteur à temps plein depuis 2004 après avoir tourné le dos à l’immobilier. Ses modèles d’inspiration ? Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Keith Haring. Son concept ? Born Wild qui s’adresse à un public large et s’expose aussi bien au Fouquet’s à Paris que sur les pentes de RENCONTRE Courchevel ou Megève. Et dans pléthore de galeries à travers le monde. Mais si l’artiste est cher, il sait aussi casser les codes ! « Mon œuvre est accessible aux jeunes qui peuvent acquérir mes sculptures miniatures pour quelques centaines d’euros » dit-il. « L’art ne doit pas avoir de frontières. » Une évidence du côté des stars. Rihanna, Andy Garcia, Harrison Ford, Meryl Streep ou encore David Guetta, Justin Bieber, Eva Longoria… Tous et toutes s’arrachent ses créatures. Pourquoi un tel engouement pour ses animaux anguleux ? « Parce qu’elles agissent sur nos archaïsmes, tout simplement ». Les prix de ses œuvres ? Entre 49 euros et 15 millions d’euros.

Success-storyMais comment cet homme d’affaires talentueux a-t-il réussi en dix ans à transformer tout ce qu’il a entrepris en succès phénoménal ? « Les projets s’enrichissent les uns les autres. On peut faire des ponts entre toutes les formes d’art »…Rien n’arrête Richard Orlinski, l’artiste plasticien, quand il s’agit de créer ! Après le succès de HeartBeat, interprété par la chanteuse néerlandaise Eva Simons (premier des charts pendant plusieurs semaines), même succès pour son autobiographie éditée par Michel Lafon. Dans son récit en forme de success-story, il dynamite les idées reçues, ouvre les portes de son univers pop, invite à croire en soi. Sa fortune détonne et dérange ? Qu’importe ! Faisant fi du monde de l’art fermé et parisianiste, l’artiste s’en moque. Entre épreuves surmontées et folle ascension, il rétorque en donnant avec générosité les clefs d’une réussite hors du commun. Pour cela, il a dû briser les règles comme le martèle son livre : Pourquoi j’ai cassé les codes, paru chez Michel Lafon.

Interview

Vous êtes beau, talentueux, riche et célèbre… Pourquoi ce besoin d’écrire un livre au titre provocateur et cette volonté de raconter votre combat ?

Parce que ma vie a été un combat de tous les instants avec des embuscades et des embûches. Un parcours cabossé depuis mon enfance jusqu’à aujourd’hui. Dans le domaine de l’art, l’ego est puissant et violent bien au-delà de l’argent roi ! Les gens sont prêts à faire n’importe quoi, je m’en suis rendu compte à mes dépens. Se frayer un chemin relève du combat. Surtout en France où les artistes ne sont pas soutenus, ni défendus. A contrario des autres pays qui pratiquent un vrai protectionnisme les concernant.

 

Vendre vos œuvres et gagner beaucoup d’argent, est-ce capital pour vous ?

L’argent est un moteur, oui. Mais c’est un moyen pour moi, pas une finalité. Si vous ne vendez pas vos œuvres, vous ne pouvez pas réaliser vos projets. Ce qui m’intéresse ? Faire, construire, partager, créer. Je fais beaucoup d’expositions à ciel ouvert où les gens viennent voir mes œuvres gratuitement. Je vais aussi dans les écoles et privilégie le contact auprès des enfants. La notoriété m’est nécessaire pour partager ma vision de l’art et mes émotions avec le plus grand nombre et non pas pour flatter mon ego. Je travaille avec des dizaines de collaborateurs répartis dans de nombreux ateliers. Mes réalisations demandent des savoirs et des compétences, d’où des équipes constituées aussi bien à Paris que partout en France et aussi en Italie ou à Miami. Sculpture, musique, design…

 

Dans quelle forme êtes-vous le plus expressif ? 

Au vu de mon parcours, dans la sculpture ! Là où j’ai le plus roulé ma bosse et accumulé d’expérience. Mais l’art est universel. Ecriture poésie, le mélange des genres me convient bien. Actuellement, le design m’intéresse énormément. Mes réalisations de 11 villas, jouxtées à un complexe hôtelier 7 étoiles dans les Caraïbes, porteront ma signature de A à Z.. Construction, décoration intérieure, luminaires, mobilier… Passionnant ! Tout comme ma collaboration avec Christofle ou avec l’horloger suisse Hublot qui m’a donné carte blanche pour réaliser sa dernière montre. Quels codes déclinez-vous dans l’univers du design ? L’épuré, la transparence, les angles. La musique vous passionne tout autant… Dans mon style électro pop qui plait au plus grand nombre, oui ! Je sors prochainement un album et un titre pour le marché américain. 

 

Le côté outrancier de vos œuvres n’est-ce pas la signature d’un taiseux ?

Je suis pétri de paradoxes, habité par une certaine réserve et l’envie de me cacher, certainement. S’exposer dans l’art entraîne critiques et jugements. D’où cette obligation à sortir de ma tanière et rattraper mes œuvres, très expressives à elles seules. Votre témoignage est une leçon de vie. La résilience est-elle pour vous liée à la survie et à la générosité ? Survie peut-être pas. Donner fait partie de moi. Mon personnage est un mélange de cette souffrance que j’ai toujours connue, alliée à ce besoin de générosité en accord avec une certaine maturité. Votre leitmotiv : « Transformer les pulsions vitales négatives en émotions positives ». 

 

Difficile ou facile pour vous ? 

Assez facile. Les animaux nous apprennent beaucoup dans ce domaine. A 50 ans, tout se réduit. Grâce à la puissance créative et à la notion de partage, j’ai réussi à laisser derrière moi ce qui est lié à la peur, la violence et les blessures. J’ai appris à me remettre en question et à ne pas trouver des exutoires, des responsables, à comprendre ma propre responsabilité. Se trouver formidable et penser que la faute vient toujours des autres empêche d’avancer. D’où les encadrés récurrents dans mon livre : « Ce que j’ai appris »… Mon envie est de booster les autres par mon expérience. Mes œuvres sont aussi ce reflet ! J’invite à une réflexion personnelle totalement libre pour celui qui les regarde.

 

Transformer vos rêves en réalité est-ce toujours votre but ?

Oui, mon ambition est intacte. Autant que l’envie de casser les codes dans tous les domaines. Organiser des soirées de mélange des genres à réunir des gens de cinéma, de musique et d’art à la Andy Warhol, me semble brillant, fou, amusant et constructif. Vous êtes très impliqué dans l’associatif, cela vous tient à cœur ?Beaucoup. Je suis vice-président des Rois du Monde, une association qui essaie d’apporter du bonheur aux enfants défavorisés. Chaque année, des galas et des ventes sont réalisés au profit de cette association (www.roisdumonde.org). Je m’investis aussi pour diverses causes connues comme l’Unicef et d’autres moins médiatisées mais qui défendent les enfants battus, maltraités. J’organise pour eux des ateliers, c’est très personnel et enrichissant. Je suis le père de quatre enfants, sensible aux chocs émotionnels.

 

« Aujourd’hui, je suis arrivé à un point où l’on ne peut plus m’arrêter » dîtes-vous. Vous confirmez ? 

C’est vrai. Au début de ma carrière, j’ai connu des moments de doutes et d’incertitudes. Pas reconnu par mes pairs, je souffrais. Mal jugé, critiqué, je vivais chargé d’handicaps. J’ai passé le cap et aujourd’hui, je trace la route ! Porté par mon public et par les rencontres. Que ce soit dans le domaine de l’art ou lors d’actions caritatives, je sais ce que je fais et pourquoi.

Propos recueillis par Monique Delanoue.

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