Le luxe en toute simplicité

ARCHITECTURE – Laura Gonzalez

Laura Gonzalez – Archi demandée

En Vogue. Doucement mais  sûrement, cette sémillante architecte d’intérieur n’a de cesse de redécorer le tout-Paris. Portrait.

Portrait de Laura Gonzalez.

L’une des architectes d’intérieur les plus douées de sa génération.

86 Champs

Le mélange des genres ? Du pain bénit pour Laura Gonzalez ! C’est au milieu de la plus belle avenue du monde que cette parisienne d’adoption qui a grandi à Cannes jusqu’à l’âge de 12 ans, vient de démontrer une fois encore, une autre facette de son talent. En signant la déco du 86 Champs : un improbable concept store d’un genre nouveau, qui réunit désormais de façon iconoclaste l’enseigne pâtissière Pierre Hermé à la marque de cosmétiques L’Occitane. Marbre, chêne, travertin, laiton, céramiques de Jean Roger, fresques murales de l’Atelier Roma… composent la palette de couleurs de cette bulle de bien être et de gourmandise qui semble jaillir d’un tableau de Cézanne, coiffée par un monumental nuage de 1 000 ballons de verre, soufflé à la main. « J’ai imaginé un lieu intemporel, doux, léger, féminin, une pause au milieu des Champs, un endroit frais, différent. Au-delà d’un décor, c’est un lieu raffiné, empreint de touches heureuses», commente avec assurance et simplicité cette jolie brune d’origine espagnole, maman de deux jeunes enfants. « Laura est solaire, vitaminée ! Elle sait comme personne marier les matériaux, les couleurs, les époques, et ce de façon originale et complètement inattendue. Avec au final, un résultat qui s’impose comme une évidence», commentent en choeur, le Picasso de la pâtisserie, Pierre Hermé, et son alter ego et principal associé, Charles Znaty. L’autre tour de force ? Avoir su orchestrer sans faille la maîtrise des différents corps de métiers ici à l’action. « Souffleurs de verre, marbriers, tapissiers, menuisiers-ébénistes, peintres en décor… Tout le savoir-faire de l’artisanat français est rassemblé dans ce lieu de vie réfutant la simple mise en scène d’un restaurant qui serait accolé à une boutique », détaille-t-elle. Et livrer ce vaste chantier en un temps record. Time is money.

Brasserie d’Auteuil

Aucune déco répétitive. Un résultat évident.

Mosaïque. Ce ne sont pas les seuls aficionados de Laura Gonzalez. Il suffit de traverser l’avenue des Champs-Elysées, pour retrouver sa patte juste en face, dans le relooking de La maison de l’Alsace, fier paquebot qui élève ses salons de réception jusqu’au ciel de la ville lumière. Une pure coïncidence ? Pour mesurer la vogue de cette architecte DPLG, diplôme des Beaux-Arts et ancienne pensionnaire de la Maison de la Légion d’honneur, direction avenue Montaigne, près du pont de l’Alma. L., à l’angle de la splendide façade Art déco du Théâtre des Champs-Elysées, sa griffe est pr.sente dans l’habillage du restaurant cabaret  Manko-Paris, temple de la gastronomie péruvienne port. par le chef Gaston Acurio, le chanteur francophone Garou et l’homme d’affaires Benjamin Patou. L’âme du Pérou, des Andes, de l’Amérique du Sud, a inspiré l’agencement des lieux. Un patchwork de matériaux (dorures, marbre, tomettes au sol, mosaïque, kilims, tables et chaises en bois précieux, serrureries en laiton doré, patines dorées et feuilles d’argent vieillies), de couleurs aux chaudes tonalités (ocre, magenta,  » bleu inca « ,  » vert profond « ). « Un endroit à la fois raffiné et brut, mettant à l’honneur cet espace historique de l’avenue Montaigne », résume l’architecte.

Bar du restaurant Noto de la Salle Pleyel.

Tourbillon. « C’est un très grand talent. Sans doute l’une des plus douées de sa génération. Le génie de Laura est de créer des endroits qui ont une âme et qui sortent du lot, ce n’est pas de la déco répétitive, souligne Benjamin Patou. J’ai été très inspiré lorsque je lui ai confié la rénovation du Bus Palladium, alors qu’elle n’était âgée que de 26 ans et qu’il s’agissait de son tout premier chantier parisien ! C’est une personnalité volcanique, humaine, très affective, avec un caractère entier, parfois un tout petit peu fatiguant ». Qui aime bien châtie bien et Benjamin Patou a fait de nouveau appel . l’oeil et l’expertise de Laura Gonzalez en 2017, afin qu’elle signe la rénovation du restaurant Noto de la salle Pleyel, tout de marbre vêtu. La capitale est son terrain de jeu favori, où elle vient également d’oeuvrer à la refonte et à l’agrandissement d’autres établissements réputés : la Brasserie d’Auteuill’AlcazarThiou, ou bien encore le Relais Christine, ce charmant hôtel 5 étoiles lové sur la rive gauche de la Seine, près de la place Saint-Germain-des-Prés où Laura fit ses études d’architecture l’école de Paris-Malaquais. Dans son viseur ? La refonte du Grand Café des Capucines, la brasserie La Lorraine… N’en jetez plus ! Mais pas de quoi pour autant se satisfaire de sa célébrité et de se reposer sur ses lauriers. Aujourd’hui entourée d’une équipe de trentaine de personnes au sein de son agence Pravda Arkitect, crée en 2004, qui siège dans 220 mètres carrés en plein coeur du XVIe arrondissement, cette chef d’entreprise quine connait pas la crise poss.de . son actif plus de 200 projets disséminés dans le monde entier. Des magasins Cartier, à Londres, Munich, Doha, mais aussi de nouvelles boutiques Louboutin à Barcelone et Amsterdam, le premier restaurant Manko à Barhein. Sans oublier les commandes d’aménagement intérieur d’appartements privés haut de gamme, en France et à l’international. Un soupçon de déco ethnique, une pointe de bobo chic, classique revisité : les clients semblent ravis, les parisiens aussi !

www.lauragonzalez.fr

Propos recueillis par Emmanuel Monvidran.

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